S'exprimer, accepter l'échec : un bon pas contre le stress ?

Selon Isabelle Allouch-Jean, coach et consultante, pour gérer son stress, il faut commencer par analyser les expériences de vie que l’on rencontre au travail, surtout quand elle sont compliquées.

 Lorsque des difficultés surviennent,  "il ne sert à rien de râler, d’accuser, de se plaindre des autres ou de se contenter de dire que tout est de leur faute. En revanche, il faut savoir se remettre en question, se concentrer sur ses émotions et les exprimer, afin d'éviter qu'elles nous intoxiquent", précise la coach Isabelle Allouch-Jean. 

Selon la coach, un grand nombre d’entrepreneurs n’osent pas ou ne veulent pas parler de leurs problèmes, parce qu’ils ont honte d’être en situation de stress et de le partager. Pourtant, ils devraient s’ouvrir à une personne de confiance qui peut les écouter, sans les juger. Cette personne n’est pas là pour les plaindre, ni pour ajouter au négatif ou à l’alarmisme, avec des phrases du genre : "Oh mon pauvre, mais comment vas-tu faire ?" En revanche, elle peut les inciter à commencer à envisager des solutions et à imaginer ce qu’elles pourraient être.

"Parler aide à y voir plus clair, à tourner le dos au passé ou à ce qu’on ne peut plus modifier, à faire des deuils, parfois - et ils peuvent être très douloureux lorsqu’il s’agit de sa propre entreprise : elle fait partie de son sang, de ses tripes, de son coeur", souligne Isabelle Allouch-Jean.

Il s'agit d’aller voir ce qu’il est possible de faire demain ou après-demain, de "placer sa tête autrement" pour imaginer ce qui peut être réalisé (même s'il s'agit d'actes mineurs), et de sortir des idées noires ou de la dépression. 

Certes, savoir gérer ses stress et rebondir dépend de son éducation, de ses expériences et de ses prises de décisions passées. Mais cela passe, également, par le fait de savoir accueillir ses peurs, plutôt que de les laisser nous envahir. Et, parfois aussi, par accepter ses échecs. "Lorsque quelque chose se passe mal, ou lorsqu'un échec survient, il faut l'admettre, puis le contrebalancer en pensant aux actions positives qu'il est possible de réaliser dans les heures suivantes. Pourtant, certains entrepreneurs semblent en être incapables, constate Isabelle Allouch-Jean. Lorsqu’ils ne gagnent pas à chaque fois ou s'ils ne sont pas entièrement maîtres des décisions, ils le vivent très mal. Ils n’ont pas appris à accueillir les choses et à mettre en place les éléments pour que, demain, tout fonctionne. "

Comment s’aider contre le stress ?

"Nous avons tous, dans nos bagages et dans nos expériences de vie, les capacités de construire nos adaptations au stress, y compris parfois en nous faisant aider pour y parvenir, car il n'est pas facile de ne compter que sur soi-même", souligne Isabelle Allouch-Jean, coach et consultante.

Première piste : se rappeler qu’il n’y a pas que le boulot. Et, surtout, que "le travail n’est pas la personne. Si cette dernière l’oublie, elle risque de perdre son identité", insiste la coach. Sur ce point, la présence d’un mari (ou d’une épouse), d’enfants, d'une famille, d'amis, est un garde-fou contre cette propension à se perdre dans son boulot et à fusionner entièrement avec ce dernier.

Deuxième stratégie : ne pas perdre de vue son hygiène de vie. Un sport que l’on aime, au moins une fois par semaine, ou - pourquoi pas? - un massage, de temps à autre... Tout cela évite de somatiser et d’avoir mal à la nuque ou au dos pour exprimer son stress. La prise de conscience de l’attention à porter à son corps, par l’activité et par l’alimentation, est un facteur d'autant plus important  que "son capital santé, c’est, aussi, celui de son entreprise", insiste la coach.

Troisième solution : s'ouvrir l'esprit et s'ouvrir au monde. Isabelle Allouch-Jean propose par exemple de lire autre chose que des bouquins de business ou de chiffres. "Un bon 'massage intellectuel', comme avec certains livres de philo ou de spiritualité, conduit à s’interroger, à faire des liens, à réfléchir à d’autres choses qu’au pécuniaire", rappelle-t-elle. Pour reconstituer des réserves d’énergie, on peut aussi se tourner vers un art que l’on apprécie.

 Règle de base : "De manière générale, pour se remettre les idées en place, il ne faut hésiter non plus à se gorger des valeurs fondamentales que sont l’amour, l’amitié et la famille", assure Isabelle Allouch-Jean.

Comment se servir du stress pour (mieux) avancer ?

Ex-salariée devenue consultante et coach, Isabelle Allouch-Jean assure qu'il est possible de faire du stress un allié. Pour y parvenir, voici la méthode qu'elle applique et qu'elle préconise. Il faut tout d'abord identifier ses sources de stress, dit-elle. Cela peut être une relation de travail qui s’effiloche, un (ou plusieurs) clients qui partent, les conséquences possibles de la crise... Ensuite, pour aller de l'avant, il s'agit de réfléchir aux menaces qui planent et de les envisager.

"Le stress est essentiellement constructif : il pousse à rebondir quand les perspectives ne sont pas bonnes", assure-t-elle. En acceptant momentanément l'incertitude, en se fixant des repères, en faisant appel à son réseau, l'objectif est d'attirer les éléments positifs autour de soi - et d'écarter le négatif.

En cas de difficultés ou de stress, "Je me concentre sur mes émotions, je les exprime et j’accueille mes peurs, plutôt que de les laisser m’envahir. Lorsque quelque chose se passe mal ou que je vis un échec, je l’admets. Et je contrebalance en pensant aux actions positives à réaliser dans les heures suivantes... ", détaille-t-elle.

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