Au fond, le burn out, c'est quoi ?

Littéralement, le burn out signifie se consumer, brûler de l'intérieur. En français, on parle d'épuisement professionnel pour désigner ce processus généralement lié au travail, et qui s'installe progressivement sur un terrain déjà miné par le stress.

Le burn out résulte généralement d'interactions entre l'environnement de travail et des facteurs individuels. Comme l'explique la coach Anne-Françoise Gailly, "certaines personnes s’impliquent tellement dans leur boulot qu’elles finissent par y 'dépenser' plus qu’elles n’y 'gagnent'». Or cette situation mène tout droit au burn out, que l'on peut définir comme "un déséquilibre entre ce que la personne donne (ou investit comme temps, comme énergie) et ce qu’elle reçoit (comme reconnaissance, épanouissement, énergie, plaisir), au travail, ou ailleurs."

En pratique, on peut aussi définir le burn out comme une réponse à un stress chronique, avec un cumul de facteurs qui se sont installés de manière prolongée. Un déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle, des horaires trop lourds, irréguliers, fragmentés, des exigences trop élevées, un excès de routine ou de responsabilité, l'existence de conflits (avec les employés, les fournisseurs, la clientèle), le manque de reconnaissance du travail accompli, l'inadéquation entre le travail et les valeurs de la personne, l'environnement économique avec la concurrence, la crise, la compétitivité, les difficultés liées à des réglementations changeantes... Voilà autant de fardeaux qui, entre autres, font pencher la balance.

Cet épuisement, à quoi ça ressemble ?

Reconnaître les signes du burn out - même lorsqu'ils ressemblent à ceux du stress chronique - est un moyen de prévention important.

Le burn out se manifeste par un sentiment d'épuisement physique, mental et émotionnel. Il se traduit par un manque total d'énergie. Souvent irritable, la personne se sent vidée nerveusement, elle est peu attentive, lointaine et pas à l'écoute des autres. Cet épuisement professionnel entraîne également une perte de la capacité d'empathie, une froideur, sinon un cynisme à l'égard des autres. Ou même des attitudes de rejet et de maltraitance. Enfin, la personne a perdu tout sens de son accomplissement personnel : elle évalue négativement ses compétences, son efficacité. Elle ne ressent aucun plaisir au travail et n'y trouve aucun sens.

Au-delà de ces signes qui déterminent la présence d'un burn out, un certain nombre de symptômes - souvent avant-coureurs et semblables à ceux provoqués par un stress chronique - peuvent se manifester. Des troubles du sommeil, une anxiété permanente, des troubles de mémoire et de concentration, des maux de tête, de ventre, de dos, des problèmes digestifs, une fatigue inhabituelle risquent de survenir. La sensation d'épuisement qui s'installe (et/ou la dépression) peuvent également couper l'envie de se lever le matin pour aller travailler, ou susciter démotivation et perte d'intérêt. Un abus de substances (tabac, alcool, drogues diverses) est parfois présent, ainsi que des conduites inhabituelles (par exemple, des abus de jeux vidéos). La perte de souplesse et de tolérance à l'égard des autres provoque fréquemment des tensions familiales, amicales et/ou professionnelles.

Le burn out, jamais pour moi ?

Le burn out cause infiniment de dégâts. Pourtant, dans un premier temps, les personnes touchées refusent généralement d'admettre ce qui leur arrive, un peu comme si ce phénomène était réservé "aux autres", ou bien "aux faibles". Mais pas à eux.

Le nez plongé dans le guidon des tâches quotidiennes, la personne concernée en voit pas venir le burn out. Ou elle le nie. Ou elle relativise cette possibilité. Ainsi, la coach Anne-Françoise Gailly entend souvent des personnes lui dire : « Je crois que si ça continue, je vais faire un burn out », alors qu'elle constate qu'en réalité, la personne en face d’elle se trouve, déjà, dans cette situation. 

Dans une immense majorité des cas, " les 'victimes' sont des personnes talentueuses et enthousiastes", rappellent Suzanne Peters et le Dr Patrick Mesters (1). Un constat assez logique dans la mesure où le burn out est l'expression d'une tension excessive entre l'idéal qui habite des êtres et les contraintes de la réalité qui en restreignent la concrétisation.

Anne-Françoise Gailly confirme donc que contrairement aux idées reçues, cet épuisement ne concerne pas "les faibles" ou "les mal organisés" : ses victimes "préférées" sont tous ceux et celles qui donnent beaucoup d'eux-mêmes, comme les perfectionnistes.

 (1) in "Vaincre l'épuisement professionnel. Toutes les clés pour comprendre le burn out", Ed. Laffont

L'épuisement professionnel, qu'est-ce que ça coûte ?

Une certitude : lorsque la 'victime' reste aveugle et sourde à tous les signaux et aux mises en garde lancées autour d'elle, la situation ne peut que s’aggraver. Il s'agit donc, tout d'abord, de faire admettre à la personne qu'elle est en burn out, et ce n'est pas toujours facile. De plus, "souvent, elle soutient qu’il lui est absolument impossible de lever le pied, souligne Anne-Françoise Gailly. Pourtant, qu’est-il préférable : organiser soi-même un congé pour reprendre des forces… ou attendre de 'craquer' et tout laisser brutalement en plan ? Parce que si on peut apprendre à identifier les signaux d’alerte, le burn out, en lui-même, ne se ‘programme pas’"…

Dans un premier temps, souvent, les 'victimes' continuent donc ,coûte que coûte, sur le chemin du devoir qui les conduit à l'impasse, confirment Suzanne Peters et le Dr Patrick Mesters. Cependant, à force de flirter avec leurs limites, la vie leur envoie soudain un message fort : un accident, un malaise ou une maladie qui 'forcent' les 'victimes' à s'arrêter, à se poser et à réfléchir. Avec toutes les conséquences imaginables - et délétères- sur ce qui faisait leur vie. "Tous les acteurs, leurs familles et l'entreprise paient le prix fort du burn out", remarquent Suzanne Peters et le Dr Patrick Mesters.

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