Mobilité : suivez le fisc 

A pied, à vélo, en transports en commun ou en voiture : comment le fisc encourage-t-il la mobilité ? Le fiscaliste Jean-Pierre Riquet balise la route de certaines mesures en vigueur.

Actuellement, les formes de déplacement ont été fiscalisées : elles peuvent être déduites des impôts, tant pour l'employeur que pour l'employé. Le principe est simple : l'employé garde le libre choix de son moyen de transport : voiture, moto, co-voiturage, transports en commun, vélo ou marche à pied. Certains modes de déplacement sont indemnisés, tout comme le parcours réalisé en voiture personnelle au-delà de 5 kilomètres de distance. "Rien n'empêche de mixer les méthodes, et donc de venir en vélo l'été, puis en co-voiturage l'hiver", précise le fiscaliste.

Quant aux aménagements nécessaires dans l'entreprise (parking, vestiaires, douches...), ils sont également déductibles. Il en va de même pour certaines dépenses liées au bien-être du travailleur et/ou à sa santé. "Le coaching, l'ergonomie, l'accès à des installations sportives ou même un conseil diététique, pour autant qu'ils soient en lien avec l'activité professionnelle et proposés de manière raisonnable, insiste Jean-Pierre Riquet, peuvent faire partie des charges déductibles."

"J'ai choisi la liberté"

A quoi sert d'avoir une entreprise installée au centre-ville si clients et livreurs hésitent à y venir, en raison des embouteillages ou de problèmes de parking ? Voilà pourquoi Philippe Verhaegen a quitté Bruxelles. Avant de se jucher sur un scooter électrique pour ses propres déplacements.

Longtemps, Philippe Verhaegen s'est levé tôt le matin pour prendre sa voiture et aller travailler au centre de Bruxelles, dans son entreprise (La Maison du caoutchouc). Longtemps aussi, il est rentré tard, pour laisser passer les bouchons. Et puis, un jour de 2003, il a abandonné Bruxelles, l'augmentation de ses taxes, ses parkings, ses zones rouges avec des heures de livraison qui décourageaient les fournisseurs... Direction Zaventem, à quelques kilomètres de son domicile. Dans un premier temps, l'aventure du déménagement a été rude pour le chiffre d'affaires. "A présent, je sais que mon entreprise serait morte si je n'avais pas bougé", dit-il.

Il a fallu quelques années de plus - et encore bien des embouteillages - pour que l'idée d'un scooter électrique s'impose à cet indépendant, par ailleurs soucieux de ne pas polluer plus, de ne pas imposer de bruit aux autres et de ne pas perdre "bêtement" du temps.

"J'ai dû dépasser mes peurs et mes à priori face à ce mode de déplacement, qui impose une prudence permanente. Encouragé par ma femme, j'ai franchi le cap en 2011. Depuis, le scooter comble mes besoins, raconte-t-il. Dans un rayon d'une trentaine de kilomètres, je suis complètement libre. Je me faufile et peux rouler partout."

La vitesse réduite de son scooter limite les dangers de la route. Pourtant, au final, il va aussi vite que les voitures et, dit-il, à coup sûr, il les bat en cas de bouchon. "Avec ou sans 'surprise', sur la route, je connais la durée exacte de mes déplacements, ce qui m'aide à gérer mon temps. Je ne cherche plus de place de stationnement, ni de pompe à essence : une prise électrique me suffit. Les taxes et assurances sont réduites au minimum. De plus, je circule sans nuire aux autres, sans bruit, sans pollution... ça, c'est "bon pour le moral, et donc pour la santé !", souligne-t-il également.

En revanche, il faut "se méfier des trous, du gravier, des angles morts, faire attention à soi-même et être attentif différemment aux autres. Un haut 100% fluo permet de rester visible, et mieux vaut porter gants et vêtements étanches par tous les temps. Et puis, on se refroidit très rapidement puisque l'on est moins actif que sur un vélo. Il faut également réfléchir à son programme de la journée, avoir une intelligence du déplacement et apprendre à gérer son autonomie : 30 kilomètres d'indépendance, ce n'est pas 35." Dernière difficulté : la nécessité d'aimer la débrouille et la technique pour rentabiliser son achat en évitant de devoir changer trop souvent la batterie ou en tombant dans les fausses promesses des fabricants...

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