Un accident du travail est défini comme un incident soudain sur le lieu de travail ayant une cause extérieure et ayant provoqué une lésion. Cet incident survient dans le cours et par le fait de l’exécution d’un contrat de travail. Il faut évidemment qu’il y ait une relation causale entre l’accident et la lésion.Tout accident durant les heures de travail n’est donc pas reconnu comme accident de travail. La définition est stricte et a des implications financières pour la victime.

La gravité des accidents étant variable, la législation est adaptée en fonction de la gravité de celui-ci, ce qui détermine l’urgence et la documentation de la déclaration. Une application d’aide à la décision sur le site web de la sécurité sociale vous permet de déterminer si un accident du travail est à considérer comme un accident grave conformément à la législation sur le bien-être au travail et de déterminer vos obligations envers l'inspection du bien-être.¹

Bien que le bilan soit encourageant, il reste lourd. En 2015, 157.242 déclarations d’accidents du travail sont enregistrées; ceci constitue une diminution de 6.5 % par rapport à 2014. Néanmoins, nous notons une augmentation de 2% des accidents sur le chemin du travail. Environ 12,7 % des accidents déclarés ont été refusés en 2015.

Le défi de la sécurité et la santé dans les « micro » et petites entreprises sont sous-estimés, c’est ce qu’indique un rapport de l’agence Européenne². Les petites et moyennes entreprises (<50 employés) n’effectuent pas d’analyse de risques et estiment que « les risques et les aléas sont déjà connus » ou « qu’il n’y a pas de problèmes majeurs». Les conclusions du rapport montrent que les accidents mortels sont plus fréquents dans les entreprises de moins de 50 employés. Les raisons de cette situation sont à trouver dans le faible investissement dans la prévention et les lacunes dans les connaissances des stratégies visant à soutenir la santé et la sécurité au travail³.

Assurances 

L’assurance des accidents de travail est obligatoire. Celle-ci couvre les coûts directs : les soins médicaux, les frais d’intervention d’urgence et d’hospitalisation, les salaires de remplacement (plafonnés), les frais funéraires et les rentes si c’est le cas, sans oublier l’augmentation de la prime d’assurance loi.

Les coûts indirects 3 à 4 fois plus élevés ne sont pas couverts par l’assurance. L’entreprise doit en effet faire face a une perte de productivité, de matériel, de temps afin de faire l’enquête remplacer et former un remplaçant du blessé etc…

Et que dire des conséquences humaines pour la victime, l’entreprise, la famille et les proches, ce sont là des dommages qui ne sont pas réparables.

Apprendre des accidents

Au niveau de la prévention si on n’a pas pu agir avant, il faudra faire de la prévention a postériori.

C’est  ce qui s’est passé lors de l’incendie de l’Innovation en 1967. Son bilan officiel? 325 morts et 80 blessés. "La bonne nouvelle" c’est qu’il a fallu la catastrophe de l'Innovation pour que soient enfin prises, en Belgique, de vraies mesures en matière de prévention d'incendie afin d’empêcher que l’événement se reproduise. Saviez-vous que les portes de secours de l’innovation s’ouvraient vers l’intérieur !!! Il en résulte que les personnes désirant sortir en urgence se sont piétinés et écroulés devant les portes de sortie de secours.

La démarche de prévention a posteriori nécessite donc de se poser les bonnes questions pour analyser la situation et reconstituer les enchaînements de faits qui sont à l’origine de l’accident. Après cet exercice, l’employeur réfléchira aux meilleures mesures organisationnelles, techniques ou comportementales à prendre afin d’éviter un nouvel accident. Suite au cas de l’Innovation les règles de sécurité et notamment anti-incendie comptent une bonne dizaine de pages. En 1967 elles se résumaient à 10 lignes. Des mesures techniques et organisationnelles ont bien été prises a posteriori. 

Mais aussi : « En Belgique, une conséquence de l’incendie de l’Innovation en 1967 a été la généralisation de la technique de flocage qui consiste à projeter de l’amiante avec une substance liante de manière à renforcer l’isolation des bâtiments par rapport au danger du feu. Les travailleurs qui effectuaient ce flocage ont été décimés par les maladies de l’amiante. Il a fallu attendre 1980 pour que cette pratique soit interdite en Belgique ».¹

La prévention consiste bien à prendre des mesures techniques qui, elles-même n’entraînent pas d’autres risques pour la santé, ceci renforce le message d’une évaluation continue des bonnes pratiques et le travail avec des experts de différentes disciplines.

¹http://www.emploi.belgique.be/moduleDefault.aspx?id=1055

²(EU-OSHA)28/6/20016  

³http://osha.europa.eu

¹Santé Conjuguée : Le travail ou la santé. Laurent Vogel Janvier 2010

http://www.maisonmedicale.org/L-amiante-crime-de-masse-en-temps.html    

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